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Pour répondre à Nawal et à Dumé qui m'ont envoyé un message via facebook , que je lis de Djerba, bien sûr ce panier du marché a été pris en Guadeloupe.  Ici, je me contente d'un thé à la menthe aux amandes fraîches ! et des madeleines virtuelles demangerdesyeuxmai09

Au sud de Capesterre-Belle-Eau, la route est bordée par une double rangée de Palmiers Royaux,

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dont les premiers furent plantés en 1850 par l'écrivain Pinel Dumanoir, d'ou le nom de l'Allée Dumanoir.

Danielle Gobardhan Vallenet y est née tout comme lui, a vécu dans une famille d'agriculteurs, elle a publié une belle trilogie sur la Guadeloupe :  Le secret du Maître Rhumier, les Enfants du Rhumier, et Dumanoir, l'incroyable destinée.

C'est de ce dernier tome, que sont extraits les lignes ci-dessous (à distance avec les moyens du bords et en espérant qu'elle ne m'en voudra pas et vous aussi car c'est très court) qui viennnt illustrer ma coupe.

De même, il reprenait possession du jardin au fur et à mesure que la voiture avançait. Il y retrouvait les couleurs, les odeurs qui lui étaient familières : les fleurs de magnolia, blanches bordées de rose tendre,les touffes d'ylang-ylang, la vanille séchant sur des claies, l'ananas bouteille avec sa couronne de feuilles et sa tige, droite comme un sceptre.

La canne, qui, pendant ces pluies, s'était nourrie avec avidité du sang de la terre, avait ensuite profité du soleil pour mûrir et transformer en précieux vesou tous les principes qu'elle avait puisés dans le sol et qui circulaient en elle. Elle était riche, très riche. Les tiges, très élancées, présentaient des segments d'un bon diamètre, bien longs entre les nœuds ; ces derniers étaient marqués par des yeux larges et proéminents. A la touffe, les pieds, gorgés de sucre,se fendillaient. Au broyage, le jus vert, généreux, coulait plus épais dans les cuves. La fermentation, excellente témoignait d'une très grande richesse en saccharose. C'était une de ces années, rares, qui marquent de leur empreinte le produit fini, et qui font date dans les anales du distillateur.

Il avait trouvé sa voie, fl ferait du café. De la plantation, jusqu'à la tasse du consommateur.

N'importe quel jour de la semaine, tel ou tel, possédant un petit jardin, venait s'installer sur les étals du marché pour vendre quelques lots de fruits ou un peu de légumes : fruits à pain, kalalou, gombos... Un petit marché de dépannage, en quelque sorte, où ne venait que peu de monde. Mais le samedi était un jour de grande affluence. Tout le monde avait quelque chose à acheter au marché ce jour-là, car on y trouvait de tout. Dès quatre heures du matin, le bourg s'animait. On assistait aux allées et venues des charrettes qui venaient décharger des monceaux de bananes : pôyôs, bannan's jaunes, ti sicrés, figponm's et suivant la saison, des piles d'oranges, des ananas, des paniers de mangues, des fruits à pain,des malangas, des ignames. ...

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Dumanoir, l'incroyable destinée Par Danielle Gobardhan Vallenet Publié par Editions L'Harmattan, 2006 ISBN 2296016146, 9782296016149 329 pages